• Description

A Vendôme, à neuf heures du matin, les funérailles du jeune Gaëtan Hutpin, assassiné par trois soldats allemands deux jours plus tôt, ont lieu en présence d’une foule peu habituelle.

Le conseil municipal, les administrations, les écoles, la population presque entière accompagne le jeune homme à sa dernière demeure. Sur le parcours funèbre, les magasins et les maisons particulières ferment en signe de deuil. Sur sa tombe, le professeur du lycée Lagoguey prononce quelques paroles d’adieu.

La ville décidera, quelques jours plus tard, de concéder à perpétuité, le terrain du cimetière où il repose et d’y élever un monument.

https://www.geneanet.org/cimetieres/view/7622945/persons/

A Saint-Genest, l’acceptation des préliminaires de la paix ne suspend en rien ni les travaux de défense, ni l’instruction militaire. Tant que rien n’est signé, tout peut arriver.

A Blois, les préliminaires de la paix sont connus, arrivés par la voie prussienne à minuit et communiqués immédiatement à la population.

A Paris, tous les cours rouvrent ou préparent leur réouverture : au collège de France, à la Sorbonne, à l’école des mines, à l’école de médecine, à l’école de droit. Les étudiants, encore vêtus du costume des gardes mobiles, viennent remplir les amphithéâtres. Les bibliothèques sont dégagées des protections installées pour faire face aux bombardements. La vie reprend son cours, mais les étudiants se comptent. Qui est là, qui ne reviendra pas.

En vue de l’ouverture des lycées, le 15 mars, les établissements, transformés en ambulance durant la guerre, sont nettoyés. Les malades et blessés ont été évacués sur la province. Les murs sont badigeonnés à la chaux, les boiseries sont repeintes, les dortoirs sont assainis.

Dans les jardins situés derrière le palais de l’Industrie, on construit des baraquements pour ambulances, semblables à ceux du jardin du Luxembourg, pouvant chacun recevoir cinquante blessés.

Le ravitaillement de la capitale se fait avec régularité, même si la houille et le bois à brûler manquent encore. La quantité de farine livrée est suffisante pour trois mois de consommation. Les denrées arrivent même trop, encombrant les gares affectées au ravitaillement, alors tous les entrepôts de la ville et de l’état sont ouverts pour les y emmagasiner. A la Villette, sacs de grains et tonneaux de salaison s’empilent.

A Ulm, Antoine Poumas, de Claize, Mayenne, vingt-deux ans, et Jean Thomas, de Saint-Loup, Nièvre, vingt-deux ans, décèdent d’apoplexie.

Christine Lescène - Le Blog d'une Généalogiste - 27 février 2021